14 décembre 2007
NIN dans Telerama
En guerre contre l'industrie, NIN partage son dernier album sur la Toile.
"Trent Reznor, leader du groupe Nine Inch Nails (NIN), est un artiste
remonté. Pas seulement parce qu'il produit une musique violente - NIN
est le fer de lance du metal indus, un rock martial et bruitiste mâtiné
de musiques électroniques -, mais aussi parce que, ces derniers temps,
l'industrie du disque l'énerve. Exemple en septembre dernier, où,
pendant un concert en Australie, il s'adresse ainsi au public : « Ici,
le prix des disques est ridiculement haut. Alors volez-les ! Donnez les
disques à vos amis et continuez à les voler ! Ainsi, ces enculés [les
maisons de disques] finiront par comprendre qu'ils arnaquent le public
et que ce n'est pas juste ! » Démago ? La preuve que non : fin octobre,
à l'initiative de Reznor, qui l'a produit, le slammeur Saul Williams
propose son nouvel album, The Inevitable Rise and Liberation of Niggy
Tardust, en version MP3 à un prix défiant toute concurrence... puisque
l'internaute a le choix entre ne rien payer et l'acheter 5 dollars !
Toujours dans l'idée de court-circuiter sa maison de disques et de
s'adresser directement aux fans, Reznor a lancé la semaine dernière
Remix, une plate-forme où chaque internaute peut mettre en ligne ses
propres versions des titres de NIN. Mieux, presque tous les morceaux du
dernier album du groupe, Year Zero, sont téléchargeables
gratuitement, piste par piste - voix, basse, guitare, batterie. Et tous
les autres sons sont découpés de manière à pouvoir être retravaillés
individuellement dans un logiciel de son. Sur le site, dans la même
liste de lecture, sont ainsi mélangés les remix proposés par Reznor (ou
ses collaborateurs habituels) et ceux des internautes. Tous sont logés
à la même enseigne, au point que certains remix « amateurs » sont
mieux notés que les remix officiels...
Trent Reznor aurait-il inventé la musique participative ? En tout cas,
en ces temps où toute une industrie se rapproche dangereusement d'un
trou qu'elle a contribué à creuser, il rappelle aux professionnels du
secteur deux principes qui avaient fini par leur échapper : 1) il est
important de choyer les fans ; 2) au final, il n'y a qu'une seule chose
qui compte, la musique."
Thomas Bécard


